Faut-il tout créer ? Heureusement, il y a le mimosa !

27_eo_3285_bdIl ne faudrait pas que cela devienne une habitude : raconter à travers les textes des autres ! Mais quand c’est si bien dit ! Quoi? expliquer le Ici, mouillé, tout petit, trop gris, plongé dans le végétal, dépassé par la matière, parler de l’escalier, des volets, des peintures ? A vous, inconnus  qui allez débarquer un jour déguisés en marcheur aventurier, en solitaire méditatif ou encore en tribu de vacanciers escaladeurs  de falaises, et dompteurs d’océan ? Pendant que la tempête poursuit ici son oeuvre,  vous dormez j’espère dans un appartement normalement chauffé, avec le cinéma au bout de la rue, le kiosque à journaux en grève tout au coin, un café bruyant et nerveux derrière vous. Le centre du monde donc ! Peut-être un projet de théâtre ce mardi soir (je vous conseille amis Parisiens le Théâtre de Poche qui redémarre en plein quartier breton et fait déjà un tabac : Stéphanie Tesson qui le dirige est une sorte d’acrobate qui aime mettre les mots et les images en scène comme elle l’a fait pour une des créations cultes du Petit festival, les Maîtres sonneurs)  ? Ou une soirée chez Les livreurs (j’ai testé pour vous, si vous aimez danser ou si vous aimez lire, et encore plus, si vous aimez lire et danser, c’est pour vous :  fauteuils profonds 45878_2603352100620_1829476123_npour écouter des lectures désopilantes, poétiques, déstabilisantes , puis scène pour se lancer sans complexes entre quadras, trentenaires, quinquas voire plus, dans de la salsa ou autre rythme infernal. Puis rebelote, fauteuils, livres, danses…

Mais c’est là-bas. Ici, il fait toujours beau. Qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il tempête, avec ou sans soleil, les lumières de l’hiver sont souvent les plus belles. Ici, l’hiver n’est pas «hors saison » ! Thalassa qui a traîné ses caméras il y a peu dans le rayon le prouve.  Et dans dix jours, Ulysse Rebelle sera servi par 14 musiciens baroques sur la scène du Théâtre de Morlaix, une première nationale qui ensuite voyagera dans l’Hexagone… puis en sortira. L’Escale les recevra en résidence et vous les présentera bientôt.  En hiver, on ne s’ennuie pas non plus!

mimosaMLEt je reviens de la plage, la roue du moulin est dans un sale état, les boeufs des Highlands se contrefichent de la boue dans l’herbe mouillée, les ajoncs se foutent de la pluie. Et le mimosa ! Tout un soleil ! Tiens, voilà l’ordinateur qui fait un clin d’oeil philosophique en réponse aux "Mais pourquoi réinventer chaque année sa vie ?"  Je vous le livre tout crû, enroulé dans le mimosa de la vallée pour faire patienter le printemps…

Faut-il tout créer ?  

GUI_0109_2"Soyons résolument comme la vie : prolixe, prolifère et prolifique. Créons comme elle : gaiement et sans trier. Car c’est au fond terriblement joyeux, que tout cela puisse être. Et c’est au fond terriblement plaisant que l’on puisse, par la pensée, adopter tous les chemins possibles, et répondre à cette pluralité des possibles par une pluralité de notre pensée.        Penser, c’est pouvoir tout être.   Prendre le parti de ce qui peut être n’est pas une triste modestie, mais une gaîté nouvelle, une sérénité. D’où la joie, proprement spéculative, de l’hypothèse la plus tordue, du paradoxe, de l’idée qui est terriblement tirée par les cheveux : il y a dans l’invraisemblable comme une fête, comme un festin pour la pensée, parce que seul le plus saugrenu peut ouvrir d’un grand coup tout un univers de possibles. Et ça c’est fête, c’est Byzance, c’est pain béni pour la pensée.    Pensons donc en GUI_0164_2tout sens. Croissons et multiplions sans compter. Soyons prolixes, inventifs et généreux. Créons sans supprimer. En cas d’erreur, n’effaçons pas : contentons nous de créer autre chose. Laissons être tout ce qui veut être. Aidons-le ; même sans raison. Enfantons ; même par erreur. Soyons toujours du parti de ce qui peut-être, face à ce qui interdit tout (…)" (céramique de Guillaume Castel)

Publié dans biodiversité, faune et flore, février, Finistère, GR 34, Musique | Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire

L’urgence de l’art

noduleIl y a longtemps que l’Escale voulait vous offrir ce panorama sur l’art contemporain aux alentours du Trégor…alors que tout semble se jouer du côté de Paris ! Plusieurs raisons à cela : parce que contemporain veut dire actuel et vivant, et que toutes les personnes ou lieux cités font partie de notre environnement géographique et culturel et enfin que celui qui a écrit cette synthèse sous forme de voyage sait de quoi il parle : il vit régulièrement sur la baie de Morlaix tout en faisant partie des institutions culturelles nationales. Sa parole donne un autre éclairage à la comparaison. Cela commence par un "désir d’art formidable" de la part d’artistes ayant choisi de vivre ici loin des rumeurs de la ville, et donc… d’élus qui jugent intéressant de les y intégrer, et ceci expliquerait-il cela ? d’habitants heureux de cette proximité. Et de conclure : "Se rend-on compte, dans le confort des certitudes parisiennes, des montagnes de passion, de patience, de courage, d’endurance même qu’il faut savoir déployer pour ainsi réussir, de façon militante et donc admirable, à faire exister, loin de Paris, une vie artistique significative. C’est pourtant de cette manière que se tresse le maillage culturel du territoire." De imagesguill castelquoi donner envie peut-être  aux amateurs d’art de tout genre de se pencher sur ces territoires singuliers…

L’Art chez Astérix, Chronique publiée par Jean-Jacques Aillagon dans le Quotidien de l’Art du 13 janvier 2012

minoterie Taulé"Morlaix communauté" regroupe 28 communes de la baie de Morlaix, couvre 681 km² entre les Monts d’Arrée et la côte et rassemble environ 65 000 habitants permanents auxquels s’ajoutent l’été de nombreux touristes. Sur ce territoire on constate un formidable "désir d’art" alors même que l’action publique est lointaine, s’agissant de l’Etat, est parfois tournée vers d’autres objectifs – le patrimoine, les festivals, le spectacle vivant – s’agissant des collectivités locales. Il existe certes un musée à Morlaix, le musée des Jacobins, doté d’une intéressante parce que singulière collection. Cette institution patauge cependant, depuis plus d’une décennie, guillaue castel1Catherine Rannou à Plouezoc’h, de Guillaune Castel à Plouégat-Guerrand, de Laure Calvié à Plougasnou, de Ricardo Cavallo à Saint-Jean du Doigt et d’autres encore. Souvent ces artistes animent des associations, parfois dotée par les collectivités de lieux de présentation d’expositions. Les Moyens du bord occupent ainsi la chapelle Saint-Mathieu à Morlaix et étendent, sous la direction de Virginie Perrone et de Luc Gervais, leur action à l’ensemble du territoire de la communauté d’agglomération. A Locquirec, l’été, c’est la galerie l’Ère du Large qui Claire-CHAVAGNAC-BRUGNON--de--966-4expo-lettres-site-2-750s’ouvre ainsi au public. A ce foisonnement associatif s’ajoute désormais celui d’une Fondation privée qui s’est installée dans une minoterie désaffectée, à Taulé, à l’initiative de deux amateurs, Valérie et Alain Tanguy. Une activité de Galerie d’art est même venue enrichir ce paysage. Depuis près de quatre ans, une jeune femme, Réjane Louin  présente quatre expositions par an dans une petite galerie d’une centaine de m², blottie contre l’hôtel des Bains de Locquirec qui servit de décor à l’Hôtel de la plage de Michel Lang(…) Elle ne s’enferme dans aucun localisme. Les artistes qu’elle sélectionne viennent d’horizons divers. Elle-même n’hésite pas à engager des initiatives croisées avec des galeries parisiennes. L’an passé, elle accueillait à Locquirec, quatre de ces galeries, La_Graine__oeuvre_de_Guillaume_CastePolaris, Anne Barraut, Semiose et Françoise Paviot. Cette année, c’est elle qui est invitée par Bernard Utudjian, à la galerie Polaris, rue des arquebusiers. En 2011, la belle exposition "le papier à l’œuvre" conçue par Nathalie Coural pour le Louvre, avait retenue parmi les contemporains, deux de "ses" artistes, Maelle Labussière et Dominique de Beir. La galerie a été sélectionnée pour la prochaine édition du salon contemporain qui se tiendra au Carrousel du Louvre du 29 mars au 1er avril 2012. Elle y montrera notamment visuelbaieescaleamorlaixOlivier Michel. Se rend-t-on compte, dans le confort des certitudes parisiennes, des montagnes de passion, de patience, de courage, d’endurance même qu’il faut savoir déployer pour ainsi réussir, de façon militante et donc admirable, à faire exister, loin de Paris, une vie artistique significative. C’est pourtant de cette manière que se tresse le maillage culturel du territoire. Avant d’arriver à Morlaix on aura pu s’arrêter à Lannion, à L’Imagerie, centre photographique, et plus étonnant encore, à la galerie du Dourven à Tredez-Locquémeau. C’est ainsi que la Bretagne, ce cap lointain du monde vu de Paris, sait aussi vivre pour l’art. On s’en rendra mieux compte encore en consultant le site ACB (Art Contemporain en Bretagne) édité par une association présidé par Didier Lamandé. Dommage simplement que ce répertoire de lieux ne retienne que les lieux publics ou associatifs et non un poumon aussi remarquable que la galerie Réjane Louin… On est là au cœur de cette vieille méfiance de l’action publique à l’égard des initiatives privées, parce qu’elles sont privées et parfois commerciales, comme si la culture ne passait pas aussi par le commerce de l’art quand il est passionné…                                      

Publié dans art artistes, Finistère, Tribu | Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire

Déjà une année ! Encore !

524867_10151295988577649_1868582689_n poétiqueMerci à ceux qui ont aimé venir et reviennent, à ceux aussi qui ont montré de l’indulgence quand il le fallait. Au plaisir de vous retrouver un jour bientôt ou de faire de nouvelles rencontres.. tout en partageant des projets musicaux, littéraires ou picturaux toujours enthousiasmants. Chaque début d’année ressemble à une rentrée scolaire : pleine d’espoirs et de résolutions… Ensuite, il faut tenir le plus harmonieusement possible, quelle que soit l’humeur du passager, quelle que soit la météo !

Pour vous, un petit texte sur l’accueil

J’ai pioché ce matin dans un blog littéraire que j’aime suivre une belle définition de l’accueil. Pour moi ce serait un peu le voyageur qui vient pour se retrouver avec lui-même ou au contraire faire des rencontres. Une balise significative dans le flot des vacanciers. Mais que ce soit grâce à la disponibilité amicale des hôtes ou à la qualité des lieux et du site, il ne devrait pas en repartir indemne… "L’accueil, balise lcoguilightc’est comme un train tôt le matin, un train qui transporte des tas de gens, qui ont en bouche des tas de mots, et autant de silences. Ça ne fait pas encore d’histoires. Mais ça peut venir ; ça va venir. Embarquement. Remonter le train, ne pas (trop) regarder derrière soi." (Ella Balaert)

Evidemment c’est sans compter avec la pluie ou les ampoules aux pieds. Mais tout de même, c’est un peu de cela qu’il s’agit non ? Les vacances quelle qu’en soit la forme ? Et les hasards qui font les amitiés ?

Pour l’Escale, c’est souvent plus prosaïque

C’est une fois encore réduire les ronces dans le jardin, prolonger d’un an la vie de la balançoire comme celle du frigo pour pouvoir changer l’escalier intérieur en le rendant plus confortable. Les fuites d’eau qui salissaient les plafonds du second étage ne reviendront plus avant 30 ans a certifié le couvreur en refaisant le toit…Sans parler des lieux jamais assez transformés, normes obligent : rendre polyvalent l’espace pour que marcheur solitaire, groupe de randonneurs, famille en vacances et tribu amicale puissent s’y succéder ou s’y croiser en s’y sentant à l’aise.

couer granit mousse jack Bidoc FBMais il y a le désir, celui de recevoir les voyageurs qui cherchent où se poser, et le plaisir, celui de les rencontrer ! Parfois l’histoire s’enracine, quelquefois le passant ne fait que passer, mais les regards restent gravés. Un seul regret, celui de n’avoir pas gardé la photo des passagers de l’Escale, comme un journal éphémère qui rythmerait celui du gite. Il n’existerait pas sans eux. Il reste bien quelques témoignages dans le blog, mais si peu. A partir de maintenant, c’est décidé, tous aux fenêtres et clic-clac pour les archives. Après dix ans, l’album se décide enfin à ouvrir avec vous ses premières pages !

Publié dans janvier | Tagué , , , , , , | 2 Commentaires

Kervéguen, un domaine qui se savoure !

Il n’y a pas que le mont Saint-Michel qui fasse question entre la Normandie et la Bretagne, il a le cidre aussi ! Si les  Normands sont les premiers producteurs et exportateurs de cidre, en Bretagne bien sûr on le savoure, on le compare et certains viennent même de loin pour le goûter. C’est le cas de celui d’Eric Baron, sélectionné par le caviste de l’Elysée depuis 1997. Il est fabriqué dans la grande tradition : des pommes  laissées sur l’arbre jusqu’à maturité puis gaulées ou ramassées à la main, stockées en pallocks sous abri durant un à trois mois,  broyées au pressoir, et enfin des cidres qui vont fermenter en fûts de chêne jusqu’au printemps prochain. La saison bat son plein. Cette année la récolte est excellente, même si le soleil a manqué en octobre pour sucrer davantage les fruits. "On fera avec" conclut Eric, presque aussi moulu que ses pommes par  deux mois de travail continu : chaque crû est une nouvelle expérience gustative. Tour d’un domaine qui s’ouvre aux curieux pour le plaisir.

Des pommes, on en voit partout dans la région, rouges, jaunes ou vertes selon l’origine et la destination. Quelques-unes encore résistent sur les branches presque nues et s’accrochent jusqu’à l’hiver, mais la plupart colorent la campagne en marquant la saison. Elles roulent sur les routes, pourrissent dans les champs… A Kervéguen, on les observe quotidiennement. Elles remplissent maintenant les énormes pallocks en bois déposés dans les vergers, et pour arriver à ce résultat, il aura fallu flirter avec la météo. Ils ont été jusqu’à vingt ramasseurs à la mi-octobre. Mais ces jours-ci ils étaient plutôt cinq ou six. Le travail n’est pas désagréable sur le coup, surtout quand le soleil est présent, mais  très fatiguant sur la longueur. Alors sur la fin, les rangs ne s’éclaircissent pas que des pommes…  Les jeunes qui viennent ramasser sont du coin : Marine est morlaisienne et c’est en venant avec une amie acheter du cidre qu’elle a pensé tenter sa chance. Fanny vit aussi à Morlaix et elle est contente d’avoir un activité physique  à l’extérieur, en attendant de partir enseigner en Australie. Pour Florian, c’est plus prosaïque : "Faut bien gagner un peu d’argent !"  Au groupe,  s’ajoutent joyeusement des jeunes du CAT voisin, cela change des légumes.

Au bout de plusieurs jours, ils sont devenus une bonne bande solidaire, covoiturage et pause repas en commun. Les horaires dépendent des averses. Et comme en vélo dans les bosses, on serre les dents pour garder le bon rythme six heures par jour en cherchant à finir la saison avant les grosses pluies d’automne. Les pommes seront mises au sec pour mûrir et concentrer leur sucre, en attendant leur tour au pressoir, long temps supplémentaire donné au goût que le ramassage en machine n’aurait pas permis.

De son côté, Eric au trans-palette charge et décharge les caisses, gère tout ce monde et s’occupe du pressage. Il faut bien être deux si ce n’est trois pour mener l’opération : Fabienne a vidé par pelletées les pommes dans la râpe, Elise charge la pulpe dans le pressoir. Le moût obtenu passera près de quinze jours en cuve pour libérer ses impuretés (pectines, azotes, moisissures) puis fermentera jusqu’à huit mois en fûts de chêne par variété. Ce ne sera qu’au printemps que se feront les assemblages (douces, douces-amères ou amères), avant la mise en bouteille. 

La récolte 2012 se termine. Fourbu, Eric le reconnait "Je suis cuit, mes ramasseurs aussi".  Quelques jours de pause pour tous, puis lui va poursuivre le pressage jusqu’à mi-janvier. Ensuite, le mystère de la transformation commencera ! Le jus de pomme, biologique on l’a compris, va fermenter jusqu’à s’alcooliser, le cidre pouvant titrer jusqu’à 8 degrés les années exceptionnelles ! Distillé, il produira le "lambig", calvados breton, et d’autres dérivés comme la fine ou le pommeau.     Ce "cidre à l’ancienne" de Kervélen mérite le déplacement rien que pour la visite du Domaine : beaux vergers sur tapis d’herbe rase ondulant vers la campagne, tondue en partie par les cinq ânes locataires, superbe pigeonnier au format impressionnant, cave dont les tonneaux en chêne font partie intégrante du goût final ! On trouvera même du charme aux hangars à la charpente accueillante pour les caisses et les machines au repos ! Côté goût, trois gammes de cidre (et de prix) à déguster avant d’acheter, sans oublier pommeau et fine… Ce jour-là, on ne pourra plus dire  que ça vaut pas un coup de cidre !  Domaine de Kervéguen 29620 Guimaëc, tél.: 02 98 67 50 02, eric.baron13@wanadoo.fr

On distingue plusieurs familles de cidres selon que l’on laisse, ou non, la fermentation aller à son terme, avant la mise en bouteilles : en dessous de 3°GL, on obtient un cidre doux encore assez sucré et au net goût de pomme, à consommer au dessert  entre 3° et 5°, c’est le cidre demi-sec ou brut le plus répandu en France qui accompagne viande et poisson ; le cidre traditionnel, plus acidulé et peu sucré titre généralement plus de 5°.  Il s’agit de la Boisson fermentée à base de pommes, cidre de fermentation spontanée (sans levure ajoutée) qui utilise les levures sauvages présentes sur les fruits, comme au Pays basque et dans les Asturies. Qui n’a pas bu à l’occasion ce cidre qui "arrache" ! Distillé, le  cidre produit le "lambig", calvados breton. 

Publié dans biodiversité, Finistère, novembre, Trégor, vie rurale | Tagué , , , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire

Fromanger à Landerneau, une première dans le grand Ouest

De l’art contemporain, à l’Ouest, très à l’Ouest… Une idée inattendue pour mener un autre public à découvrir cette partie de la Bretagne coincée dans sa pointe, mais … une idée que les Bretons attendaient. Le Fonds Hélène & Édouard Leclerc a ouvert ses portes au public cet été  aux Capucins de Landerneau  avec l’exposition inaugurale  "Gérard Fromanger". Un hommage du fils à l’épicier qui révolutionna le commerce comme on sait et un cadeau à sa ville natale. Une chance aussi pour la région Bretagne que ce rendez-vous d’artistes qui a déjà commencé à faire du bruit jusqu’à l’Escale…

Bien sûr, nous avons voulu aller sur place dès juin… Il faisait un superbe temps pour fêter l’inauguration. Découvrir le site d’abord puis se régaler de couleurs et de questions : Fromanger c’est une époque, une posture plastique, politique, historique, surtout pour ceux qui n’ont plus 20 ans. Le site, superbe lieu d’exposition de 1.600 m2 avec une surface de 1.244 m2 pour exposer, en fait un lieu rare, très peu de cette taille dans le Grand Ouest pouvant accueillir des expositions. La chapelle est superbe, haute de 17 mètres, avec une charpente en coque retournée(pas encore ouverte au public). Il y a un couvent, un cloître très rustique, une large aire minérale. L’ancien magasin, faisant apparaître une belle pierre de Logonna proche d’un granit doré, est devenu le hall principal. L’exposition « Gérard Fromanger. Périodisation 1962-2012. », une explosion de couleurs, de formes souvent humaines, figures et narrations… regardons, écoutons ! Pendant l’été, des curieux ou amateurs d’art  sont passés à l’Escale pour faire une halte (à environ 60 km). Et juste le dernier jour fin octobre, ces trois-là curieux d’art différent sont venus de Cherbourg pour un aller-retour Fromanger…Pas question de manquer ce rendez-vous ! Souvenir photo sous forme d’hommage !

Rendre un peu de lustre à Landerneau, petite ville aujourd’hui de près de 15 000 habitants. Elle a été un grand port breton dès le XVIe siècle et comme Morlaix elle avait fait sa fortune avec le lin. Début XIXe, on comptait 120 métiers à tisser dans la manufacture  qui occupait tisserands, dévideuses, teinturiers, etc. Sur le plan architectural, la ville abrite nombre de beaux bâtiments qui rappellent son opulence comme ce pont de Rohan presque symbole de Landerneau. Quinze monuments sont classés ou inscrits à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques dont l’ancien couvent des Capucins justement qui abrite aujourd’hui le nouveau centre d’art.

  • "Je crois que cela va donner aux enfants l’envie de peindre", glisse Gérard Fromanger, au milieu de ses 70 oeuvres, certaines à taille humaine, d’autres monumentales. De fait, cet étal de couleurs représentant notre monde contemporain, la société de consommation, avec parfois un brin de noirceur, peut effectivement inspirer les petits. Ou leurs parents.
  • Lorsqu’il évoque ce nouvel engagement dans l’action culturelle, Michel-Édouard Leclerc s’anime, convaincu que l’art « peut aujourd’hui nous sortir du marasme ». Et aussi "Il y a beaucoup de manifestations culturelles en Bretagne, mais sans dénigrer ce qu’on y trouve déjà – des FRAC, des DRAC, etc. – il y a un vrai vide en art contemporain dans l’Ouest de la France. Il ne trouve pas ses marques populaires" …
    …attention il y a un piège !

A lire aussi 

 

Publié dans art artistes, Finistère, juillet, octobre, Peinture | Tagué , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire

Plaisirs d’automne, orangés, dorés, laborieux

L’automne s’installe à peine…

…la vigne vierge commence à dorer les murs, décor éblouissant empli de nostalgie, c’est la fin de jour, c’est la fin de l’été, c’est la fin…Les randonneurs vont ranger sac et bâton, les sportifs se diriger vers des cieux plus cléments, les locaux troquer les méduses (ou squelette selon les régions) contre les bottes, et se recentrer sur la rentrée des classes, les repas et concerts à thème. Les conseils municipaux vont rouvrir les débats et les associations poursuivre leurs projets, ou leurs combats. La grande marée est passée, mais l’air est doux, et du sommet de Beg ar Fri, l’eau transparente  est un lagon. Quant au ciel, il nous donne le soir des spectacles qui donnent la sensation d’être privilégié. Les chrysanthèmes ouvrent leurs corolles dans le jardin, sur fond d’arbres où s’égrènent des milliers de points rouges et oranges. Les oiseaux seront contents cet hiver !  Les bruyères laissent des tâches de pourpre sur le sentier et la falaise, les mûres sont sucrées et juteuses. Bientôt les pommes bien sûr seront au rendez-vous, comme les potirons qui brillent dans tous les fourrés. Et s’il pleut, les champignons ! Des tons automnaux qui font craindre le Miz du (mois noir), pas toujours si noir que ça. Mais c’est aussi la saison des travaux: le portail brisé d’un coup de vent imprévu, un volet non retenu qui a claqué jusqu’à se détacher. Ingrat est ce travail invisible : le toit à refaire, rafistolé depuis dix ans, et du coup tous les plafonds du second, et finalement, l’isolation des combles…  changer une des trois fenêtres. Il ne restera guère de temps cette année pour repeindre ailleurs, ou améliorer, ou réparer: on sait déjà que c’est partie remise. Amis futurs vacanciers, il faudra vous montrer indulgents.

Ne pas oublier pour autant le printemps : il reviendra et juste avant, les charmes de l’hiver si surprenant et versatile dans ce coin de Bretagne.  C’est tout l’intérêt d’un climat "tempéré": attendre des rendez-vous avec la nature et en être surpris, prendre du recul, apprendre à déguster chaque jour, sous une météo changeante. Par des journées douces et ensoleillées, en janvier, en février, on peut tracer la route jusqu’à la mer, aimer le vent, avoir peur des énormes vagues, puis revenir pour un café au Caplan ou un livre à lire au chaud. Ensuite on plantera dans le jardin, on se battra contre les ronces et on fera des bouquets, puis viendra, après le stress de l’été peuplé d’enfants, le temps des récoltes et des rencontres.

Pour cette vision idyllique, quel boulot ! En attendant, nous démarrons novembre, le Miz Du (mois noir) je vous envoie quelques plumes d’oiseau : on les voit mieux en ce moment, plus calmes, les petits ont pris leur envol, ils s’arrondissent, ils s’ébouriffent, ils piquent du bec sur la grève… Voici un joli panorama tout frais que le quotidien Ouest-France vient de publier, en avant-goût d’un album dédié justement aux oiseaux.

Des pommes, des pommes… on connait la chanson! Pour ceux qui veulent planter, goûter, connaître, la proposition de Chantal  ! Impossible aussi de ne pas parler du verger du domaine de Kerveguen planté dans la campagne de Guimaëc : les pommes donnent du cidre bu à l’Elysée. Outre les pommiers, on y visite la cave aux fûts de chêne et un romantique pigeonnier. Le crû sélectionné ? je vous souhaite d’en boire une bolée…

Peut-être aimerez-vous lire

Publié dans biodiversité, faune et flore, Finistère, GR 34, novembre, vie rurale | Tagué , , , , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire

Les musiques savantes comme baromètre du siècle

Musicien éclectique et surprenant, mais aussi musicologue, enseignant ou conférencier, Guillaume Kosmicki n’est pas toujours là où on l’attend. Sous le nom de Tournesol, il joue de la musique électronique live depuis 1996 en solo ou au sein du collectif Öko System, dans lequel il est guitariste, violoniste et chanteur. Mais il est aussi violoniste classique dans l’Orchestre de chambre de Vannes. Une double casquette qui lui a donné matière à comparer et analyser  : il passe aisément de la musique électronique et du rap, à l’opéra et les musiques classiques et baroques pour toujours les mettre en lien avec la société à laquelle elles appartiennent. La musique est-elle le reflet sonore et technique de l’époque ?  Après s’être fait remarquer grâce à "Musiques électroniques" et, surtout, "Free Party, une histoire, des histoires", Guillaume Kosmicki nous invite à revivre l’histoire et rebondit sur une sélection pertinente d’œuvres – de Debussy à Cage, de Stravinsky à Schaeffer.A l’occasion de la parution du premier tome de son "Musiques savantes, de Debussy au mur de Berlin (1882-1962)", il sera samedi 3 novembre, à 18 h, au café-librairie Caplan pour une conférence qui  promet d’être passionnante, exemples sonores et vidéo à l’appui. Quelques éclairages sur le personnage et ses recherches partagées.

Après des études de musicologie à l’université d’Aix-en-Provence, il s’est installé en Bretagne où il est chargé de cours. On commence à le connaître à Vannes,  Pontivy, Lorient, Concarneau, Saint-Renan, Saint-Brieuc ! Sans abandonner pour autant les universités de Metz et de Provence, l’enseignant-conférencier anime régulièrement des stages de formation professionnelle dans les conservatoires, dont la musique assistée par ordinateur. En effet, si Guillaume Kosmicki a été en France un des premiers spécialistes en musiques électroniques à partir de 1995, il ne s’y est pas cantonné, ouvrant ses recherches vers d’autres voies, classique, opéra ou musique savante. Prochain rendez-vous dans le Trégor,  le 12 décembre à Morlaix pour un atelier "Musique baroque"

Musiques savantes du XXe siècle: à mettre dans toutes les mains  Savantes ? Différentes des musiques dites populaires en cela qu’elles s’écrivent, elles sont souvent à l’origine de la plupart des grands bouleversements esthétiques du XXe siècle. Comment en parler dans une époque où l’on fait fait aisément l’amalgame entre savoir et élitisme?  "La musique du XXe siècle se caractérise par une diversité stylistique sans précédent. Cette dernière est favorisée par la mondialisation galopante, la révolution de l’enregistrement et les crises majeures que traverse l’humanité, qui remettent totalement en question notre vision du monde. Les musiques savantes vont embrasser un champ de recherche très étendu, empruntant une multitude de chemins entre des voies extrêmes. Au fil de la présentation d’œuvres emblématiques choisies dans ce répertoire immense, et à l’aide d’introductions historiques traitant des événements du siècle, des compositeurs remarquables, des courants majeurs et des écoles, cet ouvrage offre une approche synthétique des recherches musicales tous azimuts de la première moitié du siècle, jusqu’aux portes des années soixante. Surtout, il présente un regard pertinent sur la manière dont l’histoire des hommes agit directement sur les compositions et comment, en retour, les œuvres en offrent une relecture passionnante au travers du prisme musical. Loin de présenter une somme exhaustive, souvent décourageante, il propose une porte d’entrée à tous les amateurs curieux de musique mais encore timides vis-à-vis de ce monde musical singulier, en leur ouvrant de nombreuses pistes pour aller plus loin. Un second volume présentera la suite du parcours, des années soixante à nos jours, en s’interrogeant aussi sur les horizons possibles.De Debussy à Boulez, de Stravinski à Stockhausen, de Bartók à Messiaen en passant  par Milhaud, Varèse, Copland, Britten, Bernstein, Schaeffer, Henry, Cage et tant d’autres…" 

Contre-culture  "Cette utopie collective n’est pas morte, les yeux brillent encore"  Ils ne voulaient pas d’argent. Ni transiger avec les autorités. Ni écouter de la musique insipide produite au kilomètre. Ils voulaient l’improvisation et la folie, l’enthousiasme et le plein air. Leurs fêtes étaient libres, rebelles et illégales, sans règles imposées. Retour sur l’explosion d’une contre-culture, avec Guillaume Kosmicki, auteur de « Free Party. Une histoire, des histoires ».

Vous aimerez peut-être découvrir

Publié dans art artistes, Musique, novembre | Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire