Bleimor, une école de peinture à Saint-Jean du Doigt

 La Maison des peintres n’a jamais été aussi occupée, époustouflant ! L’historique Maison des peintres restaurée depuis 2003 accueille régulièrement, vocation oblige, des expositions. Celle qui occupe actuellement le site sort des normes en rassemblant pour 15 jours les travaux d’une vingtaine d’élèves du peintre Ricardo Cavallo, peintures, portraits, nus, paysages. Tout y est fait « made in Saint-Jean » par des Saint-Jeannais. Le résultat est époustouflant.  Des murs aux plafonds, sur les carreaux des vitres, à l’extérieur, à l’intérieur, l’espace transformé en grotte n’a encore jamais autant été habité. On en ressort avec une impression de densité, d’unité (sans doute parce que les élèves à la sensibilité différente travaillent avec la même palette de couleurs). Ici pas de mise en valeur par l’accrochage, pas d’encadrement, juste quelques spots pour l’éclairage, le choix est de présenter une mosaïque de peintures qui n’est pas sans rappeler la technique picturale de Ricardo. Atelier de peinture, école, bibliothèque, animation territoriale,  l’expérience à plusieurs dimensions ne fait que commencer. Jusqu’au 22 avril, 15 à 19 h sauf lundi 16, maison des Peintres, Saint-Jean du Doigt

Lire aussi Ricarco Cavallo, un corps à corps pictural 

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Saint-Jean, un Pont-Aven du Trégor Le village de Saint-Jean en a vu d’autres… Connu au 19e siècle déjà en tant que Pont-Aven du Trégor, ce sont des peintres comme Maxime Maufrat, Yvonne Jean-Haffen, Léopold Kisling, Léopold Pascal, Richard et Viola Miller pour n’en citer que quelques-uns qui justifieront le nom de l’atelier dépendant de l’hôtel local. La commune a décidé de restaurer le bâtiment dans les années 1990, inauguré en 2003. Depuis les expositions se succèdent, sur le principe d’un partage des lieux par quinzaine et d’inscription auprès des bureaux de la mairie.

Avant Ricardo, Marguerite Par un bel hasard… la maison où vit et peint Ricardo Cavallo depuis son arrivée ici, il y a quelques années,  est  celle qu’habitait Marguerite Baudouin : entre 1955 et 1975, elle exposait ses toiles sur les murs chaque été . Une rétrospective de ses oeuvres est organisée parfois l’été à Saint-Jean du Doigt, dans les locaux de la mairie (horaires d’ouverture).

Bleimor, un atelier pas comme les autres A force d’aller et venir sur la côte sauvage par tous les vents chargé de toiles et de boîte de peintures, Ricardo  a fini par attirer l’attention, même si on le sait, les Bretons sont plutôt discrets ! Difficile de l’éviter, installé au coeur du village, déballant ou nettoyant parfois dehors au soleil son matériel.  C’est sans doute les enfants qui ont osé le regarder de plus près à la sortie de l’école, puis les parents.  De là à les inviter à venir essayer chez lui, il n’y avait qu’un pas… Ricardo l’a fait,  persuadé de sa mission de « passeur ». D’abord Gildas, puis Brian, puis Aude, Hervé, Marie-Christine, tout le monde se serre dans la minuscule maison-atelier. Pour une séance hebdomadaire, puis deux, puis trois!  Victime de son succès le cercle s’agrandit, quelques résidents d’été, un vacancier, des peintres confirmés, des étudiants en art plastique ou habitants d’autres communes. Ricardo est exigeant, autant que sa pédagogie est efficace. Voilà les enfants qui veulent aussi leur cours du mercredi.

« L’école » informelle s’est étoffée et depuis peu  est identifiée comme association. Son nom Bleimor veut dire « loup de mer » en Breton, tout un programme ! Créée par Ricardo, ses élèves et tous ceux qui de près ou de loin veulent péréniser cet élan pictural sur Saint-Jean, Bleimor quitte l’incognito pour s’exposer et tient atelier-école dans un local prêté par la commune, au rez-de-chaussée du Kasino. Un espace que Ricardo  et ses élèves ont  investi sans tarder  : chevalet,  cabine de bain devenue lieu d’accueil des modèles et une bibliothèque d’art exceptionnelle.  Pour cause, il s’agit de plus de 600 ouvrages sur la peinture, collection privée de Ricardo, parfois complétée de dons ou prêts privés.  On y trouve des livres en Grec ou en Allemand, d’énormes volumes remplis de reproductions sur lesquelles l’élève peut s’arrêter, observer, comprendre. Pour le professeur, c’est une mine d’exemples à commenter… Car pour lui, peindre c’est d’abord admirer le travail des Titiens, Véronèse, Poussin, Picasso et autres géants de l’art pictural. Ensuite, on peut tout déconstruire et se trouver. Une pédagogie exigeante à l’ancienne assez loin peut-être des écoles d’art actuelles, et bizarrement, ce n’est pas pour déplaire aux jeunes d’aujourd’hui.

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Un commentaire pour Bleimor, une école de peinture à Saint-Jean du Doigt

  1. maria ksyk dit :

    l’art c’est une passion, Ricardo en vit et sait la transmettre; un « modèle » comme il nous faut dans l’époque du consumérisme !

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