Les coups de coeur musicaux d’Anne Auffret

« La voix, pure comme un éclat de micaschiste dans le granit » C’est ainsi que la presse caractérisait la voix d’Anne Auffret, la chanteuse qui depuis, aux côtés d’un Yann-Fañch Kemener ou d’une Annie Ebrel, symbolise la Bretagne à travers « ses chants profonds »! Fidèle à sa langue et à sa culture, elle transmet à son tour l’héritage musical de son pays natal défendant ces airs populaires comme autant de chefs-d’œuvre… Accompagnée de sa harpe celtique, elle a fait le tour de l’Europe et bien au-delà, durant près de trente ans, ponctuant sa carrière d’enregistrements cultes. Ce dimanche 27 mai, à la demande de l’association Son ar Mein*, c’est à Plufur, dans la chapelle Saint-Nicolas plantée dans la vallée du Yar qu’elle partagera ses coups de coeur pour fêter la Bretagne. Son répertoire puise dans la richesse des chants religieux et profanes, gwerzioù et sonioù, témoins de la vivacité de l’imaginaire breton. En harmonie avec la chapelle, site  oublié du monde niché dans la verdure, une heure de musique pour un dialogue en breton avec les pierres et l’eau.

Harpe et chant depuis le début

Harpe et chant sont les instruments avec lesquels Anne Auffret s’exprime depuis le début de sa carrière, en 1973. La harpe, c’est la celtique remise au goût du jour par Alan Stivell à dans les années 70,  Quant à la voix, sa pureté a été comparée à « un éclat de micaschiste dans le granit » ! Originaire de Bulat-Pestivien, à la frontière du Trégor et de la Cornouaille, région rurale où le breton est encore couramment parlé, elle a nourri son inspiration dans ce territoire à la croisée des légendes et des traditions populaires. Attachée à sa langue maternelle, elle interprète des chants traditionnels en langue bretonne, chants sacrés et profanes de tradition orale, transmis d’une génération à l’autre. Les chants sacrés témoignent de la ferveur très vive des bretons : beaucoup d’entre eux sont encore chantés de nos jours dans les églises de campagne. Les chants profanes expriment la puissance d’imagination de tout un peuple, qu’il s’agisse des gwerziou, longues complaintes évoquant des faits réels, historiques ou légendaires, ou des soniou, chansons plus légères d’amour ou d’aventure. C’est avec la sortie de son premier disque Kanennou Santel, qu’elle démarre de façon professionnelle. Depuis, fidèle à ses sources, elle transmet à son tour, par son jeu de harpe et la pureté de son chant, son héritage musical. « on écoute Anne Auffret comme on écouterait l’eau goutter d’une source dans les fougères. Elle a la voix si juste, le timbre si clair, et puissante cependant, que l’on se l’imagine venant d’un au-delà, apaisante, et forte dans ses paroles d’une émouvante sérénité… » Chanig Ar Gall

Chapelle Saint-Nicolas, un lieu à découvrir

L’association Son ar Mein aime à travers ses évènements et concerts mener son public dans des lieux souvent oubliés ou méconnus. C’est le cas de cette chapelle construite en pleine campagne, au bord d’un chemin charretier très fréquenté qui permettait d’acheminer toutes sortes de marchandises juquà Toul an Héry, depuis les bois ont pris tout l’espace. C’est au cours des deux dernières éditions estivales du Petit festival que la chapelle a réouvert ses portes et qu’on l’a redécouverte au cours de randonnées dans la vallée du Yar. Dans le cadre de la fête de la Bretagne, l’association nous présente cette fois-ci Anne Auffret. Une belle occasion de rencontrer la chanteuse harpiste, sa musique et en même temps ce site intime très adapté. Chapelle Saint Nicolas, 22310 Plufur. (17h, chapelle Saint-Nicolas, Plufur. 8€ et 5€ , gratuit moins de 25 ans. Contact, réservation : Son ar Mein – 06-63-53-02-91   contact@petitfestival.fr Covoiturage et renseignements : Petitfestival.fr.   Pour en savoir plus sur la fête de la Bretagne

Du Trégor au Monde en passant par la Bretagne, petite biographie

Tout commence en 1973, avec des concerts de grande envergure qui aboutissent à l’édition d’un premier disque Kanennou Santel chants religieux bretons avec l’organiste Loïk Legriguer. Période riche de rencontres musicales : Bernard Pichard (bombarde),le chanteur traditionnel Yann Fanch Kemener, le sonneur de bombarde Jean Baron et l’organiste Michel Ghesquiere, puis le flûtiste Pol Huellou, la joueuse de koto Nobuko Matsumiya, les harpistes Kristen Nogues, Dominig Bouchaud, Myrdhin et Zil. A partir de 1980, Anne Auffret engage de nombreuses tournées à l’étranger, de la Grèce au Maroc, de l’Allemagne à l’Irak, aux autres pays de l’Union Européenne, puis elle collaborera avec l’ensemble Alia Musica de Milan. En 2001, elle reprend avec Loïk Le Griguer et Daniel Le Feon (orgue et bombarde) ses recherches sur les cantiques de pardon en Trégor et Haute-Cornouaille qui se concrétisent par les trois volumes de Pardonioù. Puis c’est Skolvan, cantate pour voix et orchestre écrite par le compositeur Roger Tessier créée à Ploufragan en 2002 au sein de l’ensemble Ephémère. Dans Berjelenn où breton et gallo se côtoient, c’est le célèbre couple de sonneurs Baron-Anneix qui l’accompagne ! Pour en 2010 arriver à Setu ! où la guitare et le ‘oud (luth oriental) du jeune Florian Baron dialogue avec la harpe.

Anne Auffret et Yann-Fañch Kemener, 25 ans d’amitié et de chant Vers les années 80, Ann-Fañch Kemener et  Anne Auffret commencent à travailler ensemble. Ils réalisent Chants Profonds de Bretagne volume 4, sixième album pour lui, deuxième pour elle. Ce volume 4 des Chants Profonds de Bretagne réunit deux des plus belles voix de Bretagne et compte toujours dans le monde de la musique traditionnelle. Le dernier volet de la série présente un mélange de chants accompagnés, ou solos, du répertoire traditionnel. Anne Auffret y interprète seule deux morceaux (édit. Arion, épuisé). En 1993, Ils co-signent un deuxième album,  Roue Gralon Ni Ho Salud.Chants Profanes et Sacrés de Bretagne L’enregistrement est très sobre, laissant à leurs chants et la harpe une plus grande liberté d’espace et de souffle. Le disque présente une série de gwerzioù ret de très nombreux thèmes traditionnels. C’est à cette occasion qu’Hélène Hazera, saluera dans le quotidien Libération  : «  La voix, pure comme un éclat de micaschiste dans le granit d’Anne Auffret, et la voix d’hirondelle, avec son tremblement mouillé, de Yann-Fañch Kemener » (produit par Keltia Music)

Trente années de concerts et de disques  : 2010 Setu avec Florian Baron oud et guitare (édition Keltia musique) 2007 Berjelenn Mélodies et danses de Bretagne avec Jean Baron, bombarde et Christian Anneix, biniou (édition Keltia musique) 2001-2002 Pardonioù vol 1, 2, 3 avec Daniel Le Féon, bombarde et Loïk Le Griguer, orgue (édition Coop Breizh) 2000 Pedenn, Musiques sacrées de Bretagne avec Jean Baron, bombarde et Michel Guesquière, orgue (édition Keltia musique) 1993 Roue Gralon Chants profanes et sacrés avec Yann Fanch Kemener (édition Keltia Musique 1991 Soñj Musiques sacrées de Bretagne avec Jean Baron, bombarde et Michel Ghesquiere, orgue (édition Keltia musique) 1985 Chants profonds de Bretagne vol. 4 avec Yann Fanch Kemener, chant (33t édition Arion) 1973 Kanennou Santel chants religieux bretons avec Loïk Legriguer, orgue (33t édition Velia)

Des petits enregistrements pour écoute gratuite

Pour en savoir plus site et discographie

La harpe en Bretagne

  • Dès le Xlle siècle, des textes anciens signalent des « harpeurs » bretons qui accompagnaient la poésie des lais de leurs harpes. Puis  l’usage de cet instrument avait disparu en Bretagne pendant plusieurs siècles. C’est au début des années 1970 qu’est réapparue la harpe, grâce surtout à Jorj Cochevelou qui reconstitua la harpe bardique d’après les instruments conservés en Ecosse et en Irlande, et les documents originaux du Moyen Age. Il en fit enseigner le jeu à son fils Alan Stivell qui donna à l’instrument la réputation que l’on sait. Ce mouvement fut suivi par d’autres passionnés, dont Gildas Jaffrennou qui publia des plans de construction de harpe, popularisant ainsi l’instrument. Aujourd’hui la harpe est bien répandue en Bretagne; elle est enseignée dans les écoles de musique et attire chaque année de plus en plus d’élèves. Des rencontres et concours ont lieu tous les ans, favorisant l’émulation et la recherche.
  • Dès 1974, Anna Auffret étudie la harpe avec Mariannick Larc’hantec et Madalen Buffandeau. Au fil des ans, elle créera son école au sein de Kan Telenn, qui rassemble aujourd’hui une vingtaine d’élèves de Bulat à Guingamp, et l’ensemble du même nom en 1994 avec Hoëla Barbedette et Muriel Desfontaine. Puis c’est la rencontre avec la harpiste Kristen Nogues qui accompagne Yann-Fañch Kemener et dans le cadre de concerts en Irlande, le flûtiste Pol Huelou.

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