« Manger et musiquer » du beau et du bon !

On connaissait le repas baroque aux chandelles avec musique de chambre en bruit de fond et défilé de chapons, pâtés en croûtes, poissons en gelée, ect. Ou au cinéma, celui très matériel de la « Grande bouffe », et encore le si spirituel « Festin de Babeth ». Ici ni viandes rôties, ni vins sirupeux, un repas tout simple fait de graines, de lentilles cuites, de fenouil à la vapeur … et de « mauvaises herbes » accompagnées de fleurs. Le repas était une surprise confectionnée dans le cadre du Petit Festival de Musiques en Trégor mi-juillet. La valeur ajoutée ? Du bon (délicieux pas triste du tout), du sain (voire les recommandations  sur l’alimentation), et du beau mis en musique pour la circonstance. Les acteurs : Cloé en cuisine et au ramassage des herbes, Anne, Marie-Do et votre servante au service, Gabriel à la clarinette et bruitages. En mur de fond, la phrase de René Char « Agir en primitif, penser en stratège »… Quelques souvenirs d’un repas inoubliable pour les douze invités privilégiés qui ont participé à ce « Manger et musiquer ».

Le Petit Festival aime les surprises ! Profitant de la présence de la plasticienne Cloé qui exposait ses tapisseries à cordes,  et celle du clarinettiste Gabriel, créateurs de ce repas végétalien, les directeurs artistiques du Festival ont voulu offrir un lot de tombola original  : douze personnes tirées au sort étaient conviées dans un endroit inconnu à un repas inattendu le dernier jour du Festival ! Ils ne se connaissaient pas et se sont retrouvés au lieu de rendez-vous, curieux et excités. Il semble qu’aucun n’ait regretté ces deux heures de « manger et musiquer » et que tous, même les gourmands de plats classiques, aient apprécié parfums et consistance des mets proposés. L’Escale a eu le plaisir émerveillé d’héberger l’événement, elle se fait donc un devoir de partager un peu de ce plaisir…

 

La veille déjà, Cloé avait sillonné les sentiers alentour à la recherche des herbes magiques et des fleurs nécessaires au repas. Déposées dans des paniers d’osier afin qu’elles restent fraîches et ventilées, elles sont arrivées en nombre dans la cuisine pour être nettoyées au petit matin. Il s’agissait de préparer les purées, mixages et dessert ainsi que la pâte de la tarte, puis de présenter les assiettes. Pendant que Cloé officiait, Gabriel préparait son mur du Son, scotchant et découpant. Une affaire bien menée : à 13 h tapantes, alors que les convives arrivaient, la table était mise… Commence alors la cérémonie : chacun  s’assoit, six par banc, se faisant face, intrigué. Une fois le cidre servi, la fête peut commencer. La clarinette aux accents glezmer occupe l’espace sonore, l’ambiance à table est, on l’imagine, religieuse, les assiettes arrivant une à une devant chacun, silencieusement, sans explication culinaire !  Avec confiance chacun a commencé lentement à deviner les ingrédients, débusquer les goûts.  Puis le plat arrive et la musique se fait plus copieuse. Des petits bruits de métal, de casserole se glissent dans la musique… on ne parle pas. C’est vers le dessert que les langues se délient : qu’a-t-on mangé ? Des bruits orchestrés de déglutition scandent la clarinette et tranquillement, le papier « mur du son » se fend. Apparaît le musicien…

On ne parle pas dans ce genre de festin, on est disponible, pas pressé, éveillé, aux aguets ! Chacun a joué le jeu et traîné encore un quart d’heure pour échanger ses impressions : « tous rassasiés » ! Puis on est parti avec la sensation d’avoir vécu bien plus qu’un repas…

Au menu

  • Entrée : salade aux fleurs de trèfles et capucine (feuilles de plantain, mâches sauvages, la suite à venir j’ai perdu mes notes)

Plat : sur des feuilles de capucine, tarte garnie d’un mixé de pignons de pin et lentilles corail et vertes recouverte de fenouil cuit à la vapeur parfumé au laurier, accompagnée d’un caviar d’algues et d’une cuisson d’épinards sauvages aux raisins marinés, décoré de pétales de souci, coquelicot et bourrache

Dessert : riz au lait (précision à venir) aux pétales de bourrache et pensée

Les recettes (à venir…)

ET … on n’a pas utilisé les courgettes et les fleurs de courgette, l’ail des ours (ce n’est plus la saison), les fleurs de lavande, celles du romarin, les artichauts, les tomates, les salades cultivées, les pissenlits en feuille ou en fleur, l’oseille, la mâche, l’ortie, le bleuet sauvage.. (centaurée), l’achillée millefeuille, la chicorée sauvage, le lin. Et toutes les autres que nous ne reconnaissons pas toujours. On n’a pas récolté non plus les multiples algues à consommer sur la plage. Il reste de belles découvertes à faire. Un prochain rendez-vous, et peut-être bientôt des stages de cueillette et cuisine aux couleurs et parfums changeant avec les saisons.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Aimerez-vous aussi  ?

Publicités
Cet article, publié dans Animations, biodiversité, faune et flore, juillet, littoral, Randonnée, Trégor, est tagué , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s