Lumières ultimes de Nicolas de Staël

th (6).jpg lourdOn part à la rencontre de Nicolas de Staël en passant par Le Havre. Un port, une ville ouverte, la mer et le ciel au bout, un site qu’on n’aurait pas eu l’idée de visiter s’il n’avait accueilli quelques mois les 130 dernières œuvres du peintre ! Et s’installe une alchimie IMG_6620lightsubtile entre les tableaux dedans et les lumières dehors, les masses peintes par les paquebots posés sur la mer là-bas, les ombres grises et bleues étalées au couteau ici : tout fait écho et les quais du Havre offrent leurs codes visuels. Le reste appartient au monde intérieur d’un peintre qui a cherché dans la peinture une forme de l’absolu. Quant à la ville elle-même, les amoureux des villes portuaires devront y revenir pour d’autres bonnes raisons. Quelques images entre figuration et abstraction…IMG_cutbislight

Le titre de l’exposition Lumières du Nord, lumières du Sud annonçait la couleur : que des lumières !  Et la lumière qui se pose sur l’eau, qui marque les cieux et les paysages est par essence éphémère. Surtout près de la Manche et de la mer du Nord même si dans les oth (9)euvres présentées, la Provence et la Sicile ont su inspirer l’artiste. Pour le musée du Havre, il s’agissait « de la première exposition entièrement consacrée au paysage dans l’œuvre de l’artiste, thème qui représente pourtant plus de la moitié des peintures réalisées pendant les quatre dernières années de sa vie, entre 1952 et 1955 ».
Programmée à l’occasion du centenaire de Nicolas de Staël  (Saint-Pétersbourg 1914 – Antibes 1955),  l’exposition a permis de découvrir le travail du peintre qui, en seulement 15 ans, est devenu l’un des artistes européens les plus influents de la période de l’après-guerre ! Beaucoup s’en sont inspirés depuis, mais il y a chez lui quelque chose de reconnaissable, ce fameux  « supplément d’âme », expression souvent galvaudée qui ici résume si bien le trouble que l’on ressent devant ses derniers paysages.

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Un regard. Il a su trouver les mots pour exprimer ses émotions transcrites en peinture ou créées en peignant.

 « J’étais un peu hagard au début dans cette lumière de la connaissance, la plus complète qui existe probablement, où les diamants ne brillent que l’espace d’un éclat d’eau très rapide, très violent »

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Très proche de Braque, admiratif de  Matisse, il n’appartient pas à un style. Quant l’abstraction triomphe, Nicolas de Staël se place au-delà. « Je n’oppose pas la peinture abstraite à la peinture figurative. Une peinture devrait être à la fois abstraite et figurative. Abstraite en tant que mur, figurative en tant qu’espace », écrit-il en 1952.

 

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Et s’impose « l’embrasement de la vision » comme dira plus tard Anne de Staël, sa fille. Lui-même, dans sa correspondance avec René Char, son grand ami, écrit, sur la lumière du sud : « Le cassé-bleu, c’est absolument merveilleux, au bout d’un moment la mer est rouge, le ciel jaune et les sables violets (…), je veux bien m’en imprégner jusqu’au jour de ma mort. Sans blague, c’est unique René. Il y a tout là. Après on est différent. » 

Comme si vous y étiez

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3 commentaires pour Lumières ultimes de Nicolas de Staël

  1. Lecocq dit :

    Merci belle amie de ces impressions de voyage

  2. bleuemarie dit :

    Le Havre est malheureusement bien loin. J’aurais aimé vraiment voir cette exposition

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