Patrick Zeyen comme au cinéma

DSCF01270_modifié-3.jpglightllPatrick Zeyen est un artiste voyageur. Pas de ceux qui font le tour du monde et reviennent avec des images touristiques. Plutôt un voyageur intérieur, enraciné en pays Belge mais installé au bout de la Bretagne, tout près de l’Escale. Connu pour ses films dans la capitale, sa peinture en Finistère et sa poésie ailleurs (n’est-ce pas l’avantage de la poésie ?), un livre lui rend maintenant hommage : catalogue d’une œuvre multiple fait d’extraits de vie, de témoignages d’amis , il vient de paraître dans le cadre d’une exposition à Morlaix associée à la présentation de ses films littéraires. Petit morceau d’un chemin à parcourir à ses côtés et qui raconte un homme de lettres à la sensibilité très particulière…

images (1)Entre Flandre et Bretagne Originaire d’Anvers et longtemps nourri d’allers-retours entre la Flandre et Paris, son parcours personnel s’est un jour enrichi d’une étape bretonne. C’est en cherchant des paysages proches de la Cornouaille anglaise comme décor à l’un de ses films, qu’il a découvert ce bout de côte sauvage pouéede Beg ar Fry . Le film a été tourné ailleurs mais le hasard d’une maison lui a fait retrouver le site ! Maintenant, il trace des routes changeantes entre Belgique et Finistère en créant des étapes qui l’inspirent. Il en retient des lumières, des images, des paysages, il en fera des poèmes ou des tableaux. Sans le savoir tout à fait, cet enraciné dans l’exil développera une oeuvre nostalgique dans laquelle la mystique, le Nord, le voyage ou plutôt l’errance tiennent une place centrale.

Patrick139625_1948125505863085847_nDe la ville au village Pour l’habitant du village, le premier contact visuel reste le chapeau, la canne, le vêtement recherché et tellement inattendu en zone rurale ou estivale. Un original fantaisiste qu’on mémorise définitivement et qui s’amuse en se faisant plaisir! Souvenir enthousiaste d’une rencontre à la Maison de la presse avec un homme en manteau de faux léopard  une sorte de Borsalino sur la tête, le rire en coin. La deuxième approche se fait à l’occasion d’une lecture de poème ou d’un texte d’auteur aimé peu connu du grand public  : lml et pZla découverte d’un Yves Bonnefoy ou d’un Roger Munier pour certains ouvriront de nouvelles perspectives littéraires peu relayées sur les plateaux télé. Cela se produira dans un lieu adéquat ou encore sans prévenir entre le fromage et le dessert. Ce jour-là sans doute, on dansera sur des chansons rockées.

A la recherche des vies silencieuses Puis on découvre son goût pour la peinture. Sans prétendre se situer dans un courant,  sans jamais chercher une unité de style. Paysages SJpeintreZ.jpgokbien sûr et portraits, traitement des lieux à la manière flamande ou toiles semi-figuratives teintées de lumières dorées presque mystiques, son travail (une notion étrangère à son acte de peindre ) reflète l’émotion du moment. Il évoque  son grand-père qui lui faisait sécher l’école à 14 ans pour partir comparer les fruits du marché et les natures mortes exposées au Louvre, ensuite il prenait à son tour les pinceaux.  Il s’agissait déjà de « vies silencieuses ». Peindre comme regarder et raconter, peindre comme respirer. Un non sujet.

Le cinéma : images, mots et fictions à la fois  Enfin l’homme de cinéma apparaît. Le professeur passionné quand il part pour ses cours à l’Université de Bordeaux. Et le fil se déroule. Tour à tour régisseur, scénariste, réalisateur et même acteur, il participera à des films commerciaux comme La Zizanie ou la Course à l’échalotte de Claude Zidi, des fictions plus intimistes, La voix de son maître ou Diogène de Marc Jolivet. C’est dans la série Un siècle d’écrivains (1995/2001) dirigée par Bernard Rapp que l’on retrouve Patrick Zeyen le plus sensible et personnel : c’est avec des grandes figures littéraires ou artistiques 2012  03 le lyaumont 019comme Georges Bernanos, Michel de Ghelderode, Rogier Munier ou Yves Bonnefoy qu’il  cohabite encore.

En se prêtant au jeu du livre en compagnie du peintre Jean-Luc Bourel, en découvrant les témoignages envoyés par ceux qui le connaissent bien, l’artiste a compris la cohérence de son parcours dense et varié  : « la recherche des ombres et des lumières » dans les paysages pour les peindre ou les mettre en film, la même recherche dans les émotions de la vie pour en préserver les secrets et l’intime. Les déclinaisons de sa Maison blanche peinte de nuit et de jour sous tous les éclairages le rappellent. Prise dans son ensemble, son oeuvre exprime que le voyage n’est pas sans retour…

A la médiathèque les Ailes du Temps à Morlaix avec peintures, dessins, photos, sculptures, textes et visionnage des films documentaires, visibles jusqu’au 14 décembre.

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Un commentaire pour Patrick Zeyen comme au cinéma

  1. zab dit :

    Les êtres rares rendent la vie merveilleuse lorsqu’on a la chance de les rencontrer.

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