Les hirondelles de l’Escale

Venue de la ville pour vivre dans cette immense maison, j’étais l’oiseau qui cherche un coin pour faire son nid. Les hirondelles m’avaient déjà précédée, dans le garage, dans une pièce ouverte, sous les gouttières. Rythmant gracieusement les saisons, surveillées par les associations, je me suis mise à les attendre aussi, à les compter, à m’inquiéter de leur retard, à me réjouir de leur arrivée… Au fil des années, sont venus des voyageurs, ils ont posé leur sac, pinceau, violon ou rêverie un moment. Ces autres « hirondelles », rustiques le plus souvent, sont un peu l’âme du lieu…elles laissent leurs traces et parfois se rencontrent. Elles enrichissent un territoire où malgré les difficultés économiques les habitants à l’égal des paysages ont un caractère « bien trempé » et souvent créatif ! De temps à autre, leur pas les ramènent à l’Escale. Alors, je me suis mise à les attendre, à m’inquiéter d’être sans nouvelles, à me réjouir de leur arrivée.  Petit inventaire non exhaustif.

  • Guillaume Castel, sculpteur et plasticien « land art ». Quand il sculpte le paysage, il est poète : il ourle les plages et les vallées d’un zeste d’enfance et, avec la matière brute, il crée de la douceur.
  •  Patrick Launay le korrigan voyageur. Marche, écriture, spectacle spontané, il tisse un lien délicat entre ces modes d’expression…
  • Ricardo Cavallo peintre de la roche originelle. De Buenos Aires à Saint-Jean du Doigt en passant par Paris, son parcours personnel et pictural sort totalement des normes contemporaines, une sorte d’artiste de l »absolu » qui semble surgir d’un siècle intemporel.
  • Olivier Depoix musicien, maître sonneur ou lutin cornemusier, il revisite instruments anciens et mélodies en musiques à danser, à conter, à méditer, animant petits lieux vivants et grands espaces au fond des campagnes du Trégor.
  • Jean et André Moiziard, entre rêve et réalité. Ils ont commencé leur vie en chantant, ils l’ont poursuivie en peignant, aujourd’hui leur mode d’existence ressemble à leurs boîtes et sculptures, ou est-ce le contraire ?
  • Christian Lemaître  musicien, le dérangeur de violons. Si vous êtes allergique au violon, fuir vite, il n’y a que cela qui l’intéresse, irlandais, breton, roumain, chinois, il en joue, il le présente, il le met en scène  en compagnie de ses amis, tous violonistes !
  • Daniel Challe met en boîte ses paysages intérieurs. Le photographe a cherché   à fixer l’esprit mais la pellicule est restée transparente, depuis il traque la  matière…De quel côté est la nature ? Paysages de l’âme comme dans ce périple sur les traces de Jean-Jacques Rousseau ou sur les lisières de l’aber Benoît ?
  • Cloé Rousset tisse le fil de plusieurs vies. Son goût pour le textile, elle l’a depuis toujours, ses études n’y sont pour rien, elle l’a en elle comme une sensualité très archaïque qui lui viendrait d’une arrière-grand-mère ! Elle n’avait qu’à tirer le fil pour raconter des histoires !
  • Philippe Seené, sculpteur plasticien hors temps. Il a choisi la Bretagne, sa côte sauvage, son granit millénaire pour le calme et les balades, tout en puisant dans la Renaissance la force de ses modelages statuaires… Aujourd’hui il partage sa passion et ses techniques avec des apprentis de tout âge et tout univers
  • Germaine, le chaînon manquant. On la croise par tous les temps sur la côte, casque rond sur la tête, vissée sur sa mobylette. Née dans une ferme du Prajou, elle n’aura quitté le sol natal que pour une ou deux incursions dans le Sud, de la Bretagne bien sûr. Portrait d’une voisine toujours joyeuse qui ne voudrait pas échanger sa vie pour aucune autre.
  • Patrick Zeyen comme au cinéma un artiste voyageur. Pas de ceux qui font le tour du monde. Plutôt un voyageur intérieur, enraciné en pays Belge mais installé au bout de la Bretagne. Connu pour ses films dans la capitale, sa peinture en Finistère et sa poésie ailleurs (n’est-ce pas l’avantage de la poésie ?), un livre lui rend hommage.

A venir

  • Simon parle l’Esperanto
  • L’aves Hirundininae, de près et de loin
  • Marie Morel peintre, artiste vraiment « singulière »
  • Patrick Gratien-Marin, le théâtre tout près du zinc
  • Emeline Curien architecte, pensée constructive hier, déconstruction aujourd’hui
  • Elisabeth Berton styliste, la reine du feutre
  • Julie Michel, de l’ocre en plein coeur
  • Caprini, la danseuse qui aimait lire des romans
  • Brigitte Blot, jamais sans son âne
  • Ilena vingt ans  à pied et à vélo
  • Hameury scupteur, le défi  de la gravité
  • Sophie Degano peintre, déliant les cordes de la vie, elle en fait des rubans
  • Eric Cervera musicien,  de films
  • Claude Nerriec, le musée d’une vie … une vie pour un musée
  • Morgane Raguenes tailleuse de pierre, un compagnonnage en granit

2 commentaires pour Les hirondelles de l’Escale

  1. oppetit dit :

    très beau blog trobodec très beau blog trobodec très beau….
    Anne Op

  2. Julie M* dit :

    Beau texte, on a envie de revenir, de sentir les embruns de l’océan et retrouver force et vigueur bretonne !
    Le plaisir de l’échange et de la création dans un lieu où l’on est soi, authentique et bien vivant !
    Merci de cette belle escale dans nos aventures souvent houleuses 🙂

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s