Au pays des Moiziard « singuliers » inclassables

Au pays des Moiziard, on passe du réel au rêve sans y prendre garde. On n’en sort pas toujours indemne. Jean et Andrée ont commencé leur vie en chantant, ils l’ont poursuivie en peignant, maintenant leur existence ressemble à leurs boîtes et sculptures, ou bien est-ce le contraire ?

La rencontre avec « les » Moiziard il y a 25 ans a été pour moi radicale : on pouvait vivre autrement, en fabriquant, en récupérant, en échangeant, sans argent la plupart du temps et pourtant joyeusement. Leurs origines sociales modestes étaient l’une de leurs sources d’inspiration, savoir-faire, autonomie, astuces au quotidien, rapiéçages et partage du peu qu’on a. Leur maisonnette construite en banlieue parisienne sur la base d’un chalet de jardin était devenue à force de petites transformations une merveilleuse maison sortant des Contes et légendes, et cela dans des années 90 formatées et artificielles. La table était toujours ouverte, on ajoutait un couvert, le vin était bon, la chanson rythmait les invitations, les convives plus fous les uns que les autres (je me compte dans le lot) se succédaient le long des saisons, on y refaisait le monde sans trop d’illusions, juste pour se sentir vivant, au jour le jour. Une leçon de vie avec Jean faussement bougon qui démarrait à l’époque ses globes étonnants parfois dérangeants et Andrée au rire sans concession qui construisait des boites peintes pas si naïves que ça !  Chez eux j’ai aimé l’art brut,  l’art singulier, la beauté des outils et des métiers d’autrefois, sans passéisme, seulement comme un complément indispensable à toute formation classique. Jean et André, c’était l’autre rive… Aujourd’hui ils vivent en Bourgogne et ont laissé à l’Escale quelques souvenirs que vous pourrez découvrir à votre passage. Certains aiment, d’autres pas, mais cela ne laisse jamais indifférent.

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Le pays des Moiziard vu par leur petite-fille Lisa

Un petit court métrage sur leur travail servi par un texte superbe de Kit Hilaire. Quelques clés pour aborder cet univers à travers mots et images… Avec en prime un extrait musical de chanson écrite par Jean chantée par Andrée au temps de leurs  premières années de bohème …

Jean et Andrée Moiziard en quelques mots

Originaires de Paris où ils sont nés, c’est après 1968 que Andrée et Jean Moiziard décident de vivre à la campagne, en Bourgogne. Retour aux origines un temps au Plessis-Robinson dans la banlieue parisienne, puis départ définitif  aux sources de la Seine. Déjà leur lieu de vie, atelier et maison à la fois, était indissociable de leur production artistique. Aujourd’hui, leur atelier-galerie est installé à Aizey-sur-Seine.

  • La vie en chantant : ce n’était pas un vain mot puisque le couple avant que la chanson française ne soit engloutie par les premières boites à rythme et les sons électroniques en faisait profession : au départ que du cousu  coeur et main, textes et musiques de Jean, voix  et pochette des disques d’Andrée, violon du fils Yvan, instruments des copains… A l’arrivée une belle discographie qui tient toujours l’écoute (nous y reviendrons).
  • Les deux artistes ont à leur actif plus d’une centaine d’expositions, dont la galerie Béatrice Soulié, ou encore la Halle Saint-Pierre à Paris. Unis dans la vie et tous deux amoureux de l’art, ils présentent un univers poétique où se confondent peintures de paysages »naïves » et assemblages divers (des reliquaires sous globe de verre mis en forme par Jean).
  • Il est difficile de dissocier l’art des deux artistes, si bien que leurs expositions prennent le plus souvent la forme d’une installation, reconstitution de leur lieu de vie. Depuis la création du Centre d’art contemporain de l’abbaye d’Auberive ( Haute-Marne), une pièce leur est dédiée dans la collection de Dominique et Jean-Claude Volot. Andrée et Jean Moiziard y ont installés leur univers composé de peintures, globes et reliquaires dans cet esprit de poésie qui anime toute leur œuvre.
  • Bienvenue chez Andrée et Jean Moiziard. La demeure de ce couple d’artistes est en elle-même une œuvre d’art, riche d’une poésie et d’un charme très particuliers. Andrée peint, Jean quant à lui, produit des sculptures composées d’assemblages hétéroclites d’objets glanés tout au long de leur vie. Le couple a un lieu d’exposition que l’on peut visiter sur demande au village.
  • « Une vie de bohème, Andrée et Jean Moiziard, peintres et chanteurs… » le dernier ouvrage qui leur est consacré a été mis en oeuvre par Claude Roffat et publié par les éditions de l’abbaye d’Auberive.
  • Dans l’un des ouvrages qui leur sont consacrés, « Au pays des Moizard », des grands noms ont livré leurs impressions sur les époux Moiziard. De Jeanine Rivais, critique d’art, à Emmanuel Kromicheff, philosophe, en passant par Christian Noorbergen, conférencier et critique d’art. « Pour entrer dans ce pays, il faut traverser un désert peuplé seulement par quelques coquilles creuses poussées par le vent et des ombres mobiles. On doit trouver son chemin tout seul. Il faut avoir trop chaud ou trop froid, mais jamais tiède. Il faut se retrouver couvert de glace ou de poussière jusqu’à ce qu’on rencontre la porte cachée derrière une énorme pierre… » témoigne Kits Hilaire, écrivain. Gilles Puech a photographié les oeuvres reproduites, ainsi que Fabian Ansault, Clara Delessert, Michel Vogel, Michel Guillon et Brigitte Massalve.
  • Dans la revue L’oeuf sauvage créée par Claude Roffat, une partie du numéro 9 (automne 1994)  leur a été également consacré sous le titre Le balcon en forêt  de Andrée et Jean Moiziard

Marie Morel (une hirondelle aussi dont on aura bientôt le portrait dans ces pages) a publié dans deux numéros de sa « toute petite revue » Regard le portrait  d’Andrée N°45 et de Jean N°46, en juillet 1995, chacun ayant conçu le numéro de son conjoint ! A l’époque Regard, collage, photocopie, agrafage, envoi,  était encore entièrement fabriquée et écrite à la main (de Marie) ! Un exploit qui ravit maintenant les collectionneurs privilégiés. Les abonnés ayant augmenté, la revue a dû changer de régime : elle est imprimée depuis quelques années.

2 commentaires pour Au pays des Moiziard « singuliers » inclassables

  1. Kantoussan dit :

    Magnifique voyage… C’est aussi la première fois depuis si longtemps que je replonge en émotion avec les textes de Kits, ma chère amie de presque enfance, que j’ai perdue de vue un jour à Lyon. Depuis, je la cherche mais ne la trouve pas. Un moyen de lui faire un signe pour moi ? Pascale de Valence, du Zaïre, du Pakistan, du Sénégal…

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