Christian Lemaître, un dérangeur de violons

Pour Christian Lemaître, le petit Trégor c’est son territoire… S’il part souvent en Europe et Outre-Atlantique, quand il atterrit, c’est quelque part entre la campagne saint-jeannaise et la côte sauvage  de Beg ar Fry. On le croise au P’tit Saint-Jean, au café-librairie Caplan pour prendre le verre du dimanche soir ou en concert, au marché, avec  toujours cet air tranquille, l’œil un peu ironique. Parfois on a la chance d’être là au bon moment, celui où il sort son violon pour faire un boeuf avec des copains musiciens. Sinon, il faut prendre rendez-vous entre deux tournées! La date à ne pas louper: une fois l’an, à quelques kilomètres d’ici,  il organise la Fête du Violon à Saint-Jean-du-Doigt.  Ce jour-là il met son talent et ses amis à contribution pour que l’évènement reste vivant, amical! Inoubliable…

Petite bio pour initiés

Le violon pour Christian Lemaître c’était d’abord l’Irlande ! C’est en compagnie de Soïg Siberil, Alan Kloatr puis Youenn Gwernig qu’il ralliera la Bretagne. Double appartenance qui le mènera très vite à la création du groupe Kornog qui commence à tourner dans toute l’Europe et aux Etats-Unis dès 1983 (avec Soïg Siberil, Jamie Mc Menemy et Jean-Michel Veillon). L’aventure se poursuit avec le groupe de fest-noz Pennou Skoulm qui réunit Christian, Jacky et Patrick Molard, puis Ronan Le Bars), et l’ensemble de cordes « Archétype ». En 1992, il rejoint les violonistes Kevin Burke (Irlande) et Johnny Cunningham (Ecosse) pour tourner aux Etats-Unis, en Angleterre et en Irlande sous le nom de « Celtic Fiddle Festival » dont le concept serait selon Johnny « comment détruire trois cultures avec un seul instrument ». En Bretagne, il intègre le groupe de fest-noz Storvan, puis joue six ans d’affilée avec Gilles Servat, passant notamment par l’Olympia, Bercy, les Vieilles Charrues à Carhaix… En duo avec le pianiste Jean-Pierre Le Cornoux (du groupe « les Pires »), il enregistre « Affinités » et joue avec Bal Tribal, mené par les frères Molard. Joue actuellement toujours avec Celtic Fiddle Festival, dans lequel le violoniste québecois André Brunet a remplaçé Johnny Cunningham. Pour en savoir davantage…

Archetype, un coup de coeur qui ne date pas d’hier Du nom de l’octet à cordes Archetype, voici un album tout à fait unique. Ces violonistes, violoncelliste et contrebassiste se sont réunis pour un plaisir de création. Les violons réunis exultent pour une fête des cordes, les morceaux traditionnels de Bretagne et d’ailleurs prennent des airs de fêtes et c’est une vraie jubilation ! Un disque qui a démarré “terroir “et “folkceltique” avec un côté musique répétitive un peu révolutionnaire pour l’époque et qui aujourd’hui a des allures de grand classique à avoir absolument dans sa discothèque (Coop Breizh 1989)

Avec Jacky Molard…

Fête du Violon Rendez-vous annuel des violonistes amateurs et professionnels de la région, la Fête du violon se déroule à Saint-Jean-du-Doigt. C’est beaucoup à Christian Lemaître que l’on doit le transfert de cet événement musical de Plounéour-Ménez où la fête avait lieu jusqu’alors vers Saint-Jean-du-Doigt : grâce à lui et à tous les amoureux du violon, la fête fait date dans le calendrier musical de la Bretagne. En quelques années, le public a découvert des  violonistes de Bretagne, de Chine et de Bulgarie et des instruments divers de la famille du violon comme le violon, « erhu » (Chine avec le violoniste  Gan Guo) ou le « gadulka » (Bulgarie). La violoniste Hélène Schmitt, spécialiste en musique baroque, le trio Alexis Cardenas ou Gilles Apap qui revient pour l’édition 2012 (dimanche 27 avril) ont ainsi contribué à la renommée de cette journée consacrée au violon. Outre ce concert  exceptionnel, le seul payant dans la journée, la journée est émaillée de rencontres, défilé de musiciens, petits concerts de tout genre, réunissant amateurs et professionnels dans une ambiance franchement joyeuse et tonique.

Vache ou boeuf ? Qu’allaient-ils donc faire au café-concert ? L’expression « faire un boeuf » est connue mais son origine moins. Elle vient du restaurant Le boeuf sur le toit, situé 28 rue Boissy d’Anglas, à Paris. C’était le lieu de rassemblement de Cocteau et des musiciens du Groupe des Six. C’est là que débutèrent notamment Leo Ferré, Mouloudji, Trenet ou les Frères Jacques. Au début du XXe siècle, les musiciens allaient en fin de soirée s’y rencontrer pour « faire un boeuf », comprendre pratiquer ensemble de longues  »jam sessions’, ces séances musicales improvisées basées sur des standards auxquelles peuvent se joindre différents musiciens. Peut-être y-a-t-il un équivalent en langue bretonne ? A demander à Christian !

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